À la Corse les touristes et à Toulouse leurs déchets !!!

Grâce à l’association Saint-Simon Environnement, nous avons appris lors de la dernière coordination de l’UCQ, qu’un marché a été accordé par le Syvadec, organisme public chargé du traitement des déchets en Corse, avec Veolia Propreté, l’exploitant à travers sa filiale SETMI de l’usine d’incinération des ordures ménagères de Toulouse Le Mirail, pour que cette dernière incinère 20 000 t par an d’ordures ménagères corses pendant 3 ans.

Revue de presse :
– 23/09/2018, France 3 Corse : « Que deviendront les déchets résiduels corses traités sur le continent ? »
– 23/09/2018, Le Parisien : « La Corse va « exporter » ses déchets sur le continent »
– 21/09/2018, France 3 Occitanie : « Occitanie : bientôt 43 000 tonnes d’ordures corses traitées à Nîmes, Perpignan et Toulouse ? »
– 20/09/2018, L’info durable : « Deux offres retenues pour l’exportation de déchets corses sur le continent » (dépêche AFP)
– 31/08/2018, Ouest-France : « Haute-Corse. Le centre d’enfouissement de déchets toujours bloqué »
– 20/06/2018, La Dépêche : « Déchets : la Corse investit dans le compostage pour en finir avec le « tout enfouissement » »

En Corse, l’exécutif a renoncé en 2010 à tout projet d’incinération des déchets qui doivent donc être enfouis. Le tri sélectif fonctionne mal et 80% des 220 000 t par an de déchets doivent être enfouis sur l’île. Il y avait 4 centres d’enfouissement des déchets. Celui de Tallone (Haute-Corse) a fermé ses portes après avoir atteint sa capacité maximale en juin 2015 (lien). Puis le centre de Vico (Corse du Sud) est arrivé à son tour à saturation et a fermé en mars 2017 (lien). Il ne reste plus que 2 centres d’enfouissement des déchets, celui avec un exploitant public de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse) et celui de Viggianello (Corse-du-Sud) dont les capacités autorisées ont été augmentées. L’exploitant privé du centre de Viggianello a proposé de créer un second centre d’enfouissement sur la commune, ce que l’exécutif corse a refusé puisque l’Etat et le Sydavec (organisme public chargé du traitement des déchets en Corse) s’étaient engagés au contraire à fermer le site après 2020. En 2016, face à l’opposition à tout nouveau centre d’enfouissement, l’exécutif corse lance un plan basé sur le tri à la source pour supprimer 60% des déchets à enfouir d’ici 2021, notamment à travers la création d’unités de compostage des biodéchets qui représenteraient 20-30% des déchets à enfouir. Une plateforme de compostage a été ouverte sur le site de Viggianello en juin dernier pour traiter 1 200 t par an de déchets verts et de biodéchets. D’autres plateformes de compostage sont en projet sur l’île. Au printemps dernier, les 2 derniers centres d’enfouissement ont été bloqués. Celui de Viggienello a rouvert avec une capacité augmentée en juin dernier par le préfet à 71 500 t par an (la capacité initiale était de 45 000 t par an). Mais celui de Prunelli-di-Fiumorbo est encore filtré par des élus et des habitants qui refusent le surplus de déchets.

Le 20 septembre dernier, le Sydavec annonce avoir retenu des offres pour le traitement sur le continent d’au plus 83 000 t par an de déchets corses pendant 3 ans : 40 000 t enfouies à Le Vigeant (Vienne) par Séché environnement, 15 000 t traitées à Perpignan par TIRU, 8 000 t traitées à Nîmes par Veolia et 20 000 t incinérées à l’usine de Toulosue Le Mirail par Veolia. Le prix moyen de traitement serait de 108 € HT / t hors coût de mise en balle et de transport. Les dossiers ont été transmis à la collectivité de Corse et à l’Etat « pour la suite de la procédure administrative avec les territoires susceptibles d’accueillir ces déchets ». Et il reste à définir les tonnages de déchets traités chaque année hors de la Corse et le marché de transport vers les sites de traitement retenus, pour étudier le co-financement des surcoûts générés par l’exportation.

Concernant la situation locale, le traitement et la valorisation des déchets ménagers sont confiés par 8 EPCI, dont Toulouse Métropole et le SIcoval, à un syndicat mixte, DECOSET (LIEN), créé en 1993 et présidé par Marc Péré (maire L’Union et 8e vice-président de Toulouse Métropole). En 2008, la compétence élimination et valorisation des déchets est passée des communes concernées à la Communauté d’agglomération du Grand Toulouse devenue en Communauté urbaine du grand Toulouse, qui a adhéré en 2009 du syndicat mixte DECOSET pour cette compétence.

Le DECOSET a confié l’exploitation et l’entretien
– de l’usine d’incinération de Toulouse Le Mirail, mise en service en 1968, dont la production d’électricité, d’eau chaude et de vapeur haute pression, à la société SETMI (Société d’exploitation thermique du Mirail), filiale de Veolia Propreté, par un contrat de concession entré en vigueur en septembre 2007 pour 14 ans (jusqu’à août 2021) : LIEN
– de l’usine d’incinération de Bessières, mise en service en 2001, à la société Econotre (filiale de Suez) : LIEN

D’après le rapport annuel 2017 sur le prix et la qualité du service public d’élimination des déchets de Toulouse Métropole  :
228 000 t de déchets de Toulouse Métropole (dont 217 000 t d’ordures ménagères) ont été incinérés en 2017 : 165 000 t à l’usine d’incinération de Toulouse Le Mirail (capacité autorisée = 330 00 t par an) et 63 000 t à l’usine d’incinération de Bessières (capacité autorisée = 170 000 t par an). D’après la SETMI, en 2017, l’incinérateur de Toulouse Le Mirail a traité 287 023 t de déchets (lien), qui provient donc aussi d’autres sources que Toulouse Métropole (165 000 t). Il y a donc potentiellement une capacité de traitement d’environ 40 000 t par an de déchets par rapport à la capacité autorisée.

L’usine d’incinération (aussi appelée UVE ou unité de valorisation énergétique) de Toulouse Le Mirail est une installation classée, non Seveso, suivie par la DREAL : LIEN. Il y a une commission de suivi de ce site qui comprend des représentants d’associations, dont l’association Saint-Simon Environnement : LIEN. Sur le site de cette association, vous pouvez trouver les comptes-rendus de la commission de suivi de site par Gilbert Calès qui y représente l’association : LIEN. Ce dernier a alerté sur France 3 Corse que plus il y a de déchets incinérés par la SETMI, plus il y a de pollution de l’air (lien). Atmo Occitanie publie des rapports mensuels et annuels sur la qualité de l’air à proximité de l’incinérateur de Toulouse Le Mirail :LIEN

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